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URABILITE ET AVENIR DES COMMUNAUTES DE PECHEURS
L
ES EPOUSES DES PECHEURS
:
LEURS PERSPECTIVES
María Cristina de Castro García
Présidente « APROAR », Espagne
(
Gdynia, Pologne, 28 juin 2007
)
INTRODUCTION
Je voudrais commencer en vous remerciant pour avoir
eu l'amabilité de m'inviter à participer
à ce XXII
ème
Congrès Mondial de l'Apostolat de la Mer pour réfl
échir sur la situation des familles
des marins ; une situation que j'ai appris à connaî
tre dans mon itinéraire avec les épouses des
pêcheurs et comme réponse à mon engagement d'évangé
lisation dans l'Apostolat de la Mer.
Je voudrais mettre en relief deux prémisses qui son
t à l'origine de cet itinéraire :
1) L'étude socio-religieuse réalisée dans les commu
nautés de pêcheurs
Avec l'encouragement de l'évêque promoteur de l'Apo
stolat de la Mer, S.E. Mgr José
Sánchez, une étude socio-religieuse a été réalisée
en 1984 auprès des communautés de
pêcheurs de notre pays pour connaître, à travers un
e enquête, la réalité commune des
hommes de la mer et de leurs familles, comme point
de départ pour une action pastorale.
2) Les échanges avec les épouses des pêcheurs
Les échanges avec les épouses des pêcheurs de diffé
rents pays a été important. Ils ont été
réalisés à travers des visites dans les différents
ports et des rencontres de travail visant à
affronter les différentes réalités.
Ces deux prémisses, soutenues par l'espérance, se f
ondent vers un objectif commun qui nous
invite à avancer en solidarité.
Après avoir analysé les résultats de cette étude, i
l a été décidé de poursuivre un plan
pastoral. Les paroisses des ports de pêche ont été
visitées pour informer les curés et pour prendre
contact avec les familles afin de les écouter et le
ur offrir notre collaboration.
Il est important de faire la différence entre pêche
industrielle et pêche artisanale, car
différentes sont les conditions qui concourent dans
le travail des pêcheurs des deux secteurs, en
particulier pour ce qui concerne leur situation fam
iliale.
Dans la mise en commun avec les personnes concernée
s à travers leurs épouses - au cours
des rencontres paroissiales, nationales et internat
ionales - nous apprenons leurs expériences et nous
percevons de façon plus sensible la grave situation
des familles qui souffrent pour les absences
prolongées du pêcheur de son foyer. Dans ces contac
ts a été réaffirmé le principal problème qu'eux-
mêmes avaient exprimé dans l'étude qui avait été ré
alisée.
Pour apporter une réponse à la question posée par c
ette intervention, je commencerai en
exposant brièvement LA STRUCTURE DE L'ENTREPRISE DE
PÊCHE INDUSTRIELLE et ses
conséquences ; une réalité qui a inspiré l'action d
es épouses tout le long de leur itinéraire de
dénonciation et de travail en vue d'améliorer cette
situation.
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I.- L'IMPACT SUR LE PÊCHEUR
Profiter au maximum des prises, et le plus rapideme
nt possible, tel est l'impératif des
entreprises du secteur de la pêche, et le reste – s
on impact sur l'homme – est secondaire et
déshumanisant.
I.1.- LE BATEAU
Le bateau est le lieu de travail et le "foyer" du p
êcheur. L'agrandissement des cales a limité
cet espace, où cohabitent des groupes réduits de pe
rsonnes, toujours les mêmes, pendant des mois,
dans des conditions précaires et sans une préparati
on psychologique adéquate pour affronter cette
cohabitation.
I.2.- LES CONDITIONS DE TRAVAIL
Il faut signaler différents aspects des conditions
de travail qui, dans cette structure
d'entreprise, sont considérées comme marginales. Le
s mécanismes de défense des travailleurs, qui
se trouvent loin en mer, sont très faibles et le pe
u de protection légale existante est habilement
contournée par ceux qui la transgressent impunément
.
On peut signaler en particulier les irrégularités s
uivantes :
Les contrats signés en blanc, ou en eaux territoria
les ayant un droit différent, les livrets
d'embarquement qui naviguent sans leur titulaire, e
tc.
Les cotisations à la Sécurité sociale pas toujours
rigoureuses : en dessous du salaire réel, ou
pour des périodes incomplètes, ce qui occasionne de
graves répercussions au moment de la retraite.
Cette situation est encore plus grave sur les batea
ux d'entreprises mixtes ou de pavillons de
complaisance, lorsque les droits de la Sécurité soc
iale ne sont pas homologués.
La journée de travail suit le rythme des prises pou
r un remplissement le plus rapide possible
des cales : jusqu'à 20 heures de travail ou plus sa
ns repos, dans une situation d'épuisement et de
sommeil ; des conditions favorables aux accidents e
t même à la mort des travailleurs.
Les conditions de sécurité à bord sont à risque à c
ause des lourdes conditions dans lesquelles
le travail se déroule et pour le manque des mesures
de sécurité et de sauvetage nécessaires à bord
des bateaux, sans oublier les vieilles embarcations
qui poursuivent encore leur activité de pêche. Le
pourcentage du nombre d'accidents et de décès qui s
e produisent en mer pour ces motifs est élevé.
II.-L'IMPACT SUR LA FAMILLE
Les permanences prolongées en mer – de 4 à 7 mois,
ou plus – et les brefs séjours à terre,
constituent un affront et un comportement illégal e
nvers les droits de la famille.
- Quel est le problème principal de la séparation f
amiliale ? Voici les réponses :
- le manque de dialogue et de cohabitation, 39%,
- le manque de relation conjugale, 12,9%,
- la solitude, 12%,
- l'infidélité et les doutes, 7,9%,
- la difficulté de socialiser, 9,1%,
- troubles du caractère, 6,5%,
- autres, 12,6%.
D'autres graves carences, signalées dans cette enqu
ête par les intéressés, sont dues à
l'absence du pêcheur de son foyer :
- l'absence du père dans l'éducation des enfants et
la solitude de la femme qui doit assumer toutes
les responsabilités dans son foyer et dans la vie s
ociale, en jouant le double rôle de mère-père ;
- les difficultés que doit affronter le pêcheur pou
r s'adapter à la vie familiale et pour s'insérer da
ns la
vie sociale, où il est un inconnu ;